Le pari de la diversité esthétique


En 1983, la Ville de Lyon sollicite différents responsables d’institutions culturelles en vue de rechercher un projet de substitution au Festival d’été de Lyon Fourvière qui s’étiole. Guy Darmet, récemment porté à la direction de la toute nouvelle Maison de la danse (créée en 1980), dont les premières saisons à l’ancienne salle des fêtes de la Croix-Rousse ont remporté un très vif succès, propose et obtient d’organiser un festival de danse. Il propose d’entrée de « biennaliser » afin de maximiser la subvention consacrée à chaque édition et surtout créer ainsi un événement réellement complémentaire à la Maison de la danse, destiné à en élargir les propositions et à conquérir de nouveaux publics.

Une première et brillante édition a lieu en juin 1984, la première Biennale attire 30 000 spectateurs - mais génère pour l’association en charge de l’événement, l’Association pour la biennale internationale de la danse, un déficit de 1 million de francs. Le Maire de Lyon, Francisque Collomb, souhaitant néanmoins poursuivre ce projet, décide que la Biennale de la danse se déroulera désormais en alternance avec le Festival international Hector Berlioz (créé à la fin des années 70 à l’initiative de l’Orchestre National de Lyon). L’Association pour la biennale internationale de la danse alors fusionne alors à l’Association du Festival International Hector Berlioz, et Guy Darmet profite de cette initiative pour déplacer la Biennale de la danse au mois de septembre.

1986 sera donc la première édition de la Biennale telle que nous la connaissons aujourd’hui, et dès ces premiers instants, la Biennale de Lyon – danse se construit sur un projet simple : abolir les frontières stylistiques et géographiques, afin de mettre le plus grand nombre de spectateurs possible face aux danses, toutes les danses d’aujourd’hui, qu’elles soient issues de traditions anciennes – le butô, le flamenco –, ou totalement émergentes comme le hip hop. Une Biennale à forte vocation initiatique, accompagnant son public dans sa découverte des courants chorégraphiques essentiels du siècle, initiatrice également, en ce sens qu’elle provoque des échanges, des rencontres nouvelles, mais qui refuse dès ses débuts de s’adresser seulement à un public d’initiés.