Dans un dispositif de 131 pinces-écumoires flanquées d’ un portrait découpé Auguste évoque les rencontres fugaces qui jalonnent une vie, la sélection des contacts humains (qui retient on et dans la mémoire de qui restons nous gravés) et la difficulté de fixer une image nette du passé.
L’Écume des Nuits est un dispositif flexible composé de 131 pinces-écumoires en inox. Chacune d’elles abrite un portrait photographique, rendu visible à travers la trame de sa grille. Accrochés au mur en rang d’oignon, tels des soldats en défilé ou des trophées de chasse, ces portraits évoquent par leur répétition les rencontres fugaces qui jalonnent une vie.
L’œuvre interroge ce que notre mémoire retient de ces visages : une trace plus ou moins précise, une empreinte qui résiste ou non au temps.Le jeu de la mémoire: L’effet visuel traduit la confusion du souvenir. La brillance du métal produit un scintillement glissant qui change selon le point de vue du spectateur : l’image apparaît et disparaît, accentuée par la silhouette du personnage projetée sur le mur.Ce trouble visuel rappelle la difficulté de fixer une image nette d’un passé lointain.
Le tamis social: Face à cette accumulation, le regard est forcé de se poser, de s'arrêter sur une pièce unique, de faire un choix. Dans la continuité des séries « Petits Tamis » ou « Tamis du Temps », il est ici question de la sélection des contacts humains.
Ce processus fonctionne dans les deux sens : qui décidons-nous de retenir, et dans la mémoire de qui restons-nous gravés ? Cette œuvre nous renvoie à la valeur de nos relations et au principe d’économie que nous appliquons, malgré nous, à nous-mêmes et aux autres.
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