Internationale dans son ADN, la Biennale de Lyon inscrit ses deux événements — art contemporain et danse — dans un paysage mondial de rencontres, de circulations et de croisements. Chaque édition fait dialoguer les scènes locales et internationales, avec au moins un tiers de la programmation composée d’artistes étrangers issus de tous les continents. Si l’Europe y est fortement représentée, la Biennale accueille des artistes venus de l’ensemble des aires culturelles, et reçoit, à chaque événement, plus d’une dizaine de délégations internationales (artistes, représentations diplomatiques, fondations, structures culturelles, réseaux de musées) ainsi qu’une centaine de professionnels·elles étrangers, notamment lors des journées (focus) co-organisées avec l’Institut français et l’Onda en danse ou lors de l’ouverture et de temps forts diplomatiques articulés autour de visites d’expositions en art contemporain.

Cette ouverture s’accompagne d’une stratégie active de coopération à travers l’insertion dans des réseaux, des programmes internationaux de résidence (Villa Villa), la participation aux saisons croisées initiées par l’Institut français (Lituanie 2024, Brésil 2025) ou encore des projets européens, qui structurent durablement la programmation et soutiennent les artistes à différents moments de leur parcours.

  • Réseaux : en art contemporain, la Biennale est membre du réseau international de l’IBA (International Biennial Association), et a accueilli à Lyon la 11ᵉ Assemblée générale en 2024, affirmant sa place dans les grands rendez-vous mondiaux de la création. En danse, elle s’inscrit dans plusieurs réseaux européens structurants, notamment Dance Festival Network et Big Pulse Dance Alliance (2024–2026), qui favorisent la coopération, l’échange de pratiques entre programmateur·rices , la circulation des oeuvres et des artistes émergents et des œuvres.

  • Projets européens : la Biennale de la Danse déploie par ailleurs deux projets soutenus par le programme Creative Europe (2021–2027) de la Commission européenne, doté de 2,44 milliards d’euros pour soutenir la création et la diversité culturelle. Le programme Visiting Artist (2025–2027) permet d’accueillir huit jeunes artistes pour une immersion professionnelle au sein de la biennale, tout en envoyant six artistes lyonnais dans des festivals partenaires européens. En lien étroit avec la Maison de la Danse, le projet DRIFT est une initiative dédiée au soutien des artistes émergents et à l’interdisciplinarité. Pendant quatre ans, de 2025 à 2029, le projet associe 10 partenaires européens pour la mise en œuvre de laboratoires, résidences et présentations publiques, dont bénéficieront vingt artistes, ainsi qu’un soutien en co-productions à dix nouvelles créations et tournées.

Nouveau marqueur identitaire fort de la Biennale de la danse, le projet FORUM inaugure un tournant dans l’accueil des artistes et de leurs contextes de création. Imaginé par Tiago Guedes pour la 21ᵉ édition, FORUM se conçoit comme un espace international de dialogue, de réflexion et d’échanges de pratiques, pour nourrir notre compréhension du monde et découvrir comment, dans d’autres contextes et territoires, l’art et la danse résonnent avec les bouleversements sociétaux, identitaires et écologiques. Espace d’expérimentation, FORUM se distingue par sa volonté de générer des formes qui s’affranchissent des attentes et des rythmes de production « à l’européenne », en invitant des curateur·rices et artistes extra-européens — souvent marginalisés ou invisibilisés — à présenter non seulement leurs œuvres mais aussi leurs manières de faire. La première édition du projet a bénéficié d’une couverture médiatique assurée par le réseau de journalistes et critiques Aerowaves, contribuant à décentrer la perspective et à toucher un public plus international tout en laissant des traces durables du partage de connaissances et d’expériences produit pendant l’événement.

À travers ces actions, la Biennale de Lyon structure son positionnement international en adressant les grands enjeux contemporains de la coopération culturelle : mutation des modes de création et de circulation à l’ère des industries culturelles et créatives, du tournant écologique et de la raréfaction des financements ; montée en complexité des programmes européens et mutualisation des moyens ; accroissement des inégalités d’accès à la scène internationale pour les artistes émergents et issus du « Sud global » ; et interrogation sur l’impact et l’utilité publique du dialogue interculturel. Ces enjeux convergent aussi vers un tournant conceptuel et éthique sur les héritages culturels, que la Biennale prend en compte pour repenser ses pratiques de curation, ses partenariats et sa manière d’être au monde.