Présentée au premier étage du macLYON, l’exposition Les nombreuses vies et morts de Louise Brunet rassemble plusieurs centaines d’oeuvres d’art, d’objets et de documents d’archives, couvrant des géographies diverses sur plusieurs millénaires. De Lucas Cranach au design industriel des années 1960, des stèles funéraires romaines aux armures des samouraïs japonais, elle puise dans les collections d’institutions locales et étrangères, comme le Musée des Beaux-Arts, Lugdunum – Musée et Théâtres romains et Gadagne à Lyon, ainsi que le Metropolitan Museum à New York, le Louvre Abu Dhabi et le Staatlichen Kunstsammlungen Dresden. Elle exhume des récits transhistoriques de fragilité et de résistance et les confronte à diverses oeuvres réalisées par les artistes invité.e.s de la Biennale.

L’exposition propose une reconsidération de l’Histoire - avec un grand H - comme une accumulation de nombreuses petites histoires, où les voix souvent oubliées d’une personne marginalisée deviennent centrales pour remettre en question l’écriture de la méta-narration.

Prenant comme point de départ le contexte lyonnais, l’exposition est conçue comme une relecture de l’histoire méconnue de Louise Brunet, une fileuse de soie de la Drôme, qui, après avoir rejoint la révolution des « Canuts » (tisseurs de soie) en 1834, s’est lancée dans un périlleux voyage d’auto-réinvention, qui s’est achevé dans les usines de soie lyonnaises du Mont-Liban. Dans une série de sections pensées comme des explorations des diverses manifestations de la fragilité, Louise Brunet est dépeinte comme une figure insaisissable, à la fois réelle et fictive, qui apparaît sous différentes formes, en divers lieux et à plusieurs moments de l’histoire. Ce faisant, l’exposition propose une reconsidération de l’Histoire - avec un grand H - comme une accumulation de nombreuses petites histoires, où les voix souvent oubliées d’une personne marginalisée deviennent centrales pour remettre en question l’écriture de la méta-narration. En donnant à Louise Brunet la possibilité d’acquérir des corps, des genres, des âges et des espèces différents, imaginés comme existant dans et en dehors de l’Histoire, l’exposition met en évidence le corps en tant que réceptacle d’une gamme stupéfiante d’expériences et de formes d’être. Racialisé, sexué, appauvri ou colonisé, le corps, et ses diverses représentations, devient un lieu de réflexion, de deuil et de célébration. En juxtaposant différentes conceptions du corps, en combinant une grande variété de médiums, de territoires et d’époques, l’exposition aborde une série de questions politiques, économiques et écologiques, où la fragilité est reconsidérée comme une source de résistance générative, et comme la seule vérité partagée par tou•te•s.

Les artistes

125 artistes, 3000 ans.