L'artiste
Orateur, écrivain, performeur, musicien et plasticien, Bocar Niang est issu d’une famille de griot·tes, les poète·sses-conteur·euses qui ont pour tâche de conserver et de transmettre les traditions orales des communautés de certaines zones d’Afrique et de réconcilier les êtres avec leurs vécus. Sa recherche artistique se fonde sur la récolte d’histoires et d’événements qu’il traduit ensuite en performances orales, enregistrements sonores, textes ou installations sculpturales. Ces récits multilingues contribuent à partager de nouvelles narrations et prises de conscience à l’égard de la culture griotte et de ses territoires, ainsi qu’à renforcer les liens entre les individus.
L'œuvre présentée à la Biennale
Suspendue dans les halles des Grandes Locos, l’installation textile Murdesmots compose un récit poétique dans l’espace : soixante-dix mots, glanés par l’artiste au cours de ses déplacements, sont traduits et interprétés en français, italien, peul et wolof. Symbole de la rencontre entre les langues et les cultures, l’œuvre constitue une sorte de dictionnaire visuel multicolore. Activé par Bocar Niang à l’occasion de lectures performées, le Murdesmots invite au partage, à la prise de parole, à la polyphonie et à toutes les formes d’oralité parlées, déclamées, chantées et jouées.
À l’occasion d’une résidence dans le cadre de la Biennale de Lyon, Bocar Niang organise des dîners griot·tes à la Cité Internationale de la Gastronomie de Lyon et dans le quartier Les Sources à Écully, qu'il prépare avec l'aide la cheffe Zuri Camille de Souza et des habitant·es et usager·ères. Au cours de ces repas, il partage avec des convives issu·es d’horizons variés des récits relatifs à la culture griotte.
La création en territoire
Dans la continuité des pratiques des chercheurs en écologie alpine de l'Université de Grenoble, sur le territoire qu'elle a accepté d'investir pour le projet de territoires, elle imagine un journal illustré d'observations scientifiques de plantes, afin d'appréhender les phénomènes d'hybridation et de coopération entre les espèces.
Sa résidence auprès de chercheurs spécialistes des écosystèmes montagnards, de guides de haute montagne et d'habitant.es et usager.ères, initie un travail d'observation des espèces naturelles, puis d'échange avec quiconque choisira de se joindre aux moments de rencontre organisés dans le prologement de ses recherches, afin d'envisager un partage commun de la planète avec d'autres formes de vivant.
Restitué à la Biennale de Lyon - notamment sous la forme de podcats réalisés pour construire le projet de territoire - ce travail de recherche donnera également lieu à une exposition à L'Angle, Centre d'art de La-Roche-Sur-Foron (en janvier 2025) et à des projections et rencontres au Cinéma Art et Essai de cette même commune (en octobre 2024).




