
Une Biennale qui s’ancre sur son territoire
La Biennale d’art contemporain de Lyon est engagée depuis sa création dans la réalisation de projets artistiques et de médiation au coeur des territoires. Ces projets contribuent, au fil de leur construction collaborative avec les habitant·es et usager·ères de la ville de Lyon, de sa métropole et de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à questionner, mobiliser et valoriser les voix de chacun et de chacune au coeur de créations inédites, aux côtés d’un·e artiste d’envergure internationale.
« L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art. » Robert Filliou
Développée depuis de nombreuses années comme un laboratoire de pratiques artistiques socialement engagées, la Biennale en territoires procure aux artistes des terrains d’exploration en prise directe avec les éléments de la réalité qu’ils questionnent. Elle permet à chacun et chacune de développer d’autres regards et d’autres prises sur le quotidien et l’existence en général, et a pour principale finalité d’aménager la plus grande porosité possible entre l’art et la vie, avec et pour tous·tes.
À l’occasion de la 18e Biennale d’art contemporain de Lyon, les projets collaboratifs de territoires permettront d’explorer dans différents contextes locaux, la réflexion sur l’économie et sur la notion de valeur, dans la continuité du projet curatorial de Catherine Nichols.
Avec l’artiste Akwasi Bediako Afrane, l’économie du soin et les grands enjeux de transformation du Pavillon Jean Dechaume de l’Hôpital Saint Jean de Dieu, lieu important de la pédopsychiatrie lyonnaise situé à Oullins-Pierre-Bénite seront questionnés avec ses équipes de professionnel·les et ses patient·es ; tandis que les économies alternatives et la consommation raisonnée seront au coeur d’actions participatives menées dans un quartier d’Écully, impacté depuis le milieu du XXe siècle par l’accélération des flux économiques et l’essor de la consommation de masse.
Avec Hana Miletić, des liens sont tissés entre deux territoires de la région, Lyon bas 9e et Saint- Pierreville en Ardèche, autrefois liés par leurs transactions économiques (relatives au secteur du textile) et un patrimoine commun. Ce projet permettra notamment de valoriser le modèle économique de cette commune, axé sur la sauvegarde et la valorisation collaborative et éco-engagée d’un patrimoine vivant.
Enfin, avec l’artiste Rose Frigière, la Biennale en territoires explore les dynamiques commerciales collaboratives, adaptatives et complémentaires des salons de coiffure africains des quartiers Moncey et Guillotière de Lyon. Elle interrogera plus largement, grâce à la mobilisation de leurs professionnel·les, de leurs usager·ères et des habitant·es, les résistances éclairées aux injonctions des normes culturelles et des économies de la beauté.
Karine Tauzin,
responsable de Biennale en territoires