Depuis plus de quarante ans, la Biennale de Lyon organise deux événements incontournables de la scène culturelle, en France et dans le monde : la Biennale d’art contemporain et la Biennale de la danse. Notre 18e Biennale d’art contemporain, qui s’ouvrira le 19 septembre prochain, ne démentira pas ce constat et partagera une ambition commune avec la récente édition consacrée à la danse ayant dénombré en septembre 2025 plus de 240 000 entrées : faire de Lyon, de sa métropole et de la région Auvergne-Rhône-Alpes un espace singulier, où la création rencontre le plus grand nombre, où l’art dialogue avec tous les citoyens et où le rayonnement international s’ancre dans un territoire vivant.
Notre rendez-vous lyonnais prendra le relai de la Biennale de Venise, qui ouvre ses portes en mai 2026, pour devenir durant l’automne le cœur battant de l’art contemporain : en incitant les artistes à produire de nouvelles œuvres et en vous offrant une expérience de visite renouvelée, nous souhaitons contribuer à la construction d’une certaine vision du monde, nourrie par la diversité des regards et des cultures.
À chaque édition, vous êtes près de 300 000 à vous rendre dans les expositions et plus de 2,7 millions à découvrir les œuvres dans l’espace public. Ces chiffres témoignent de notre volonté de vous associer à un événement accessible au plus grand nombre. Via un important travail de médiation et de transmission mené toute l’année avec les équipes pédagogiques, les structures sociales et de santé, les associations et les collectivités, nous exprimons le dessein de nous adresser à tous : quelle que soit votre filiation — jeunes générations étudiantes, familles, publics éloignés de l’offre culturelle ou en situation de handicap —, vous êtes invités à découvrir les œuvres, à participer à des rencontres, des ateliers ou des projets collaboratifs. Vous donner une place privilégiée dans un dispositif toujours plus accessible est le maître mot de la démarche de responsabilité sociale et environnementale qui guide notre organisation. La Biennale de Lyon impulse ainsi une curiosité contagieuse, allant jusqu’à conduire certains d’entre vous à collaborer avec les artistes à la fabrication des œuvres, dans le cadre de la Biennale en territoires.
Cette édition 2026 déploie son projet à travers plusieurs lieux emblématiques de la métropole lyonnaise. Les Grandes Locos — ancrage historique de la SNCF, réhabilitées par la Métropole de Lyon — abritent une halle magnifiant les œuvres monumentales, où l’expérience sensorielle et visuelle se déploie de manière inédite. Le Musée d’art contemporain, l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne ou la Fondation Bullukian, qui accueillent comme chaque année l’exposition, sont rejoints par deux nouveaux sites : le Musée des Tissus, exceptionnellement occupé par une exposition reliée à son histoire, grâce au soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et le musée des Confluences, où une installation dialoguera avec l’exposition permanente « Sociétés, le théâtre des Hommes ». Investissant aussi des lieux de passage et des espaces publics, comme le cloître du musée des Beaux-arts, la station de métro Part-Dieu et le Parking Saint-Antoine avec LPA, les œuvres entrent en résonance avec la ville et ses habitants, et déplacent les repères urbains habituels.
La Biennale de Lyon est aussi une plateforme à vocation professionnelle — nationale et internationale — de référence. Artistes, commissaires, galeristes et institutions s’y rendent non seulement pour découvrir des œuvres, mais aussi pour profiter d’un espace de dialogue et de réflexion. Lors de notre dernière édition, nous avons ainsi accueilli l’assemblée générale de l’International Biennial Association qui nous relie à nos consœurs implantées dans de nombreux pays.
Ancrée dans son territoire, notre manifestation mobilise l’énergie et les ressources de l’État, de la Métropole, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes et de la Ville de Lyon que nous remercions chaleureusement. Elle participe d’une géographie mondiale qui la relie aux grands pôles planétaires de l’art contemporain et fédère un large réseau d’acteurs culturels, associatifs et économiques. Cette édition donne lieu à des collaborations particulièrement riches avec des délégations internationales, des fondations et des entreprises, dont l’engagement permet de soutenir la production d’œuvres et d’accompagner les artistes dans leurs recherches. La vitalité de cet écosystème rassemble des acteurs publics et privés pour contribuer ensemble au développement de la création contemporaine.
Dans un monde marqué par des transformations rapides et par une circulation toujours plus intense des images et des informations, nous revendiquons le besoin de ressourcement et de contemplation en vous invitant à prendre le temps de regarder, vous évader et écouter ce que les œuvres des artistes invités cherchent à dire. En dialoguant avec les réalités sociales, politiques et économiques de notre époque, elles interrogent et bousculent nos certitudes, contribuant à nourrir le débat démocratique, notre imaginaire collectif et nos manières de vivre ensemble.
Laurent Bayle, Président de la Biennale de Lyon
Cécile Bourgeat, Directrice générale de la Biennale de Lyon

La Biennale d’art contemporain de Lyon, créée en 1991, s’impose à présent comme la manifestation phare en France dans son domaine. Son modèle, largement plébiscité, repose sur un ancrage territorial fort. S’appuyant sur un écosystème régional particulièrement dynamique, elle implique des structures de différentes échelles, publiques comme privées, mettant en avant les multiples ressources dont elle dispose dans la région, qu’elles soient géographiques, historiques, économiques, sociétales, et bien évidemment culturelles. Fondée sur l’échange, la collaboration, l’innovation et ses savoir-faire reconnus de longue date, la Biennale de Lyon mobilise en effet un réseau de compétences qui lui permet d’offrir aux artistes la possibilité de réaliser des productions originales et exceptionnelles, en lien avec l’environnement qui les accueille. Que ce soit par son dispositif unique, porté par une équipe dédiée, intitulé « Biennale en territoires » qui construit ses projets en lien direct avec les habitant·es et usager·ères de l’ensemble de la région, ou le programme « Résonance » qui rassemble à présent plus de 400 manifestations autour de la thématique de l’édition, la Biennale de Lyon s’inscrit dans une dynamique inclusive et fédératrice, volontairement pensée sur le long terme.
Particulièrement sensible à l’expérience de visite, la Biennale d’art contemporain de Lyon se déploie à chaque édition sur plusieurs sites en proposant un parcours sans cesse réinventé autour d’un thème qui permet au récit de se déployer dans le temps et l’espace, à travers les œuvres présentées.
Par l’invitation de commissaires aux provenances diverses, la Biennale s’assure d’une vision toujours renouvelée, permettant à la fois de faire découvrir ou redécouvrir le patrimoine et l’actualité présents sur le territoire, tout en offrant une ouverture sur des scènes internationales. Pour cette 18e édition, le commissariat a été confié à l’écrivaine et historienne de l’art, Catherine Nichols.
D’origine australienne et vivant à Berlin, Catherine Nichols apporte à la fois son regard sensible sur l’Océanie, mais aussi son expérience approfondie de la scène européenne et ses multiples connexions à l’international.
Après un focus sur la scène moyen-orientale en 2022, puis sur la scène française en 2024, l’édition de 2026 invite cette fois-ci parmi les artistes internationaux, un large panel d’artistes en provenance du Pacifique et plus spécifiquement d’Australie et de Nouvelle-Zélande, une scène artistique riche, diverse et encore trop peu connue.
Plus largement, Catherine Nichols a choisi, pour cette édition, d’orienter son propos sur la notion d’économie, celle au sens énoncé par l’artiste français Robert Filliou : une économie « poétique » qui mêle l’art à la vie. Rarement abordée de cette manière, elle s’avère tout autant révélatrice de l’état du monde. Perçue à travers le prisme des échanges et des relations qui en découlent, elle en interroge les conséquences sur les écosystèmes locaux comme globaux.
Concentrer sa réflexion sur l’économie, domaine très présent dans ses recherches antérieures, s’est imposé comme une évidence pour Catherine Nichols lorsqu’elle s’est intéressée à la région et plus particulièrement à Lyon — ville de commerce dès la période antique, étape importante de la route de la soie, bassin économique de premier plan, confluence fluviale. Son propos s’est vu conforté, si ce n’est incarné, lorsqu’elle a découvert les « traboules ». Ces passages typiquement lyonnais, — dont le nom est issu du latin « transambulare » (passer à travers) —, permettaient de relier rapidement deux rues en traversant les immeubles par des cours, escaliers et couloirs intérieurs. Ils étaient très utilisés au XIXe siècle par les ouvriers de la soie, appelés les Canuts, pour transporter les rouleaux de tissus à l’abri de la pluie. Ils se sont également rendus célèbres pendant la seconde guerre mondiale pour avoir servi de passages secrets à la Résistance.
C’est ce cheminement original qui l’a guidée dans sa réflexion globale. Avec cette notion de passage, qu’elle a souhaité mettre en exergue, elle nous invite à suivre son récit, à découvrir ou redécouvrir des lieux atypiques et historiques, mais surtout pour cette nouvelle édition de la Biennale, à « passer d’un rêve à l’autre ».
Isabelle Bertolotti, Directrice artistique de la Biennale de Lyon - Art contemporain