Née en 1989 à Lyon, France
Vit et travaille à Paris, France

L’installation Jardins Partagés de Léa Collet prend pour point de départ le Jardin Rosa Mir. Il a été créé par l’artisan et anarchiste espagnol Jules Senis Mir, qui fuit l’Espagne pendant la guerre civile avant de s’installer dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon. Après avoir fait le voeu d’aménager un jardin s’il guérissait d’un cancer, il consacra les vingt-cinq dernières années de sa vie à son édification (1957–1983). Avec ses colonnes incrustées de coquillages, ses arches de pierre, ses plantes grasses retombantes et ses plantes fleuries, le jardin est dédié à sa mère, Rosa Mir Mercader, ainsi qu’à la Vierge Marie. Léa Collet a passé du temps avec des enfants et des habitant ·es âgé·es du quartier, recueillant leurs souvenirs de jardins et de plantes au cours d’ateliers – dont certains organisés au Jardin Rosa Mir – mêlant récit, dessin et sculpture. Une structure métallique rhizomatique aux formes végétales réunit un film documentant le processus intergénérationnel de création d’une archive commune du jardin et des sculptures de plantes imaginaires développées à l’aide de l’intelligence artificielle durant les ateliers.
Le projet dialogue également avec les archives inédites de Gustave Humbert (1896–1973), jardinier et collectionneur de succulentes et de cactées, découvertes lors de sa résidence au Nouveau Musée National de Monaco, où l’artiste a également travaillé avec un groupe de collégien·nes. Une IA entraînée sur ce manuscrit jamais publié génère de nouvelles espèces hybrides, imprimées en 3D et intégrées à l’installation.
l’installation. Jardins Partagés est né de deux résidences ancrées dans leurs territoires : une production intergénérationnelle à Lyon dans le cadre de la Biennale de Lyon, et une résidence en milieu scolaire avec le Nouveau Musée National de Monaco.

La science-fiction irrigue la pratique de Léa Collet. À travers le film, l’installation et la performance, l’artiste construit des environnements où les frontières entre naturel et humain, physique et technologique tendent à se dissoudre. Sa pratique met en relation différentes formes d’intelligence — végétale, technologique et humaine — sans hiérarchie. Dans ces espaces hybrides, les formes se brouillent et se transforment : la végétation se connecte aux écrans, tandis que des figures évoluent dans des paysages suspendus entre le vivant et l’artificiel, façonnés par ce que l’artiste qualifie d’« affectivité augmentée ».

Artiste(s)

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