Passer d'un rêve à l'autre / To pass from one dream to another
Ashleigh Taupaki (Ngāti Hako, Ngāti Rangitihi, Ngāti Kahungunu) – Dacrycarpus dacrydioides, 2026
2026
Installation
Lieu
-
Métropole
Née en 1997 à Waitākere, Aotearoa Nouvelle-Zélande
Vit et travaille à Tāmaki Makaurau Auckland, Aotearoa Nouvelle-Zélande
Le kahikatea est le plus grand arbre indigène d’Aotearoa Nouvelle-Zélande. Son nom scientifique, Dacrycarpus dacrydioides, renvoie aux systèmes de classification qui ont permis de mesurer les forêts et d’en assurer l’exploitation économique. Ashleigh Taupaki dispose soixante tronçons de bois d’un mètre de long, reconstituant la silhouette d’un kahikatea abattu. Longue de soixante mètres, la sculpture correspond à la hauteur maximale que peut atteindre cet arbre, soit environ celle d’un immeuble de vingt étages. En 1769, James Cook mesura un kahikatea dans la région de Hauraki, terre ancestrale de Ashleigh Taupaki, et le déclara comme bois de qualité pour la construction. Ces relevés faisaient partie des expéditions qui cartographient les côtes, affirment les revendications territoriales britanniques et identifient les ressources destinées à être exploitées à travers le Pacifique. Bien que ce bois se soit avéré impropre aux longues traversées, de vastes étendues forestières furent ainsi défrichées, les kahikatea furent abattus et prélevés sur les terres māories. La sculpture matérialise le rêve de l’artiste de voir les kahikatea se dresser à nouveau à Hauraki et associe leur retour à la restitution des terres Māories ainsi qu’à la restauration des liens culturels endommagés par la colonisation.
Ashleigh Taupaki examine les relations au whenua à travers l’installation, le dessin et la recherche. Travaillant avec le minimalisme et le texte, elle aborde les histoires d’extraction et de dépossession tout en réaffirmant l’autorité des whānau, hapū et iwi. Son travail s’ancre dans des lieux spécifiques et des archives où matière et récit demeurent étroitement liés. Au-delà de la documentation, elle propose des formes qui mesurent la perte et rendent perceptible l’absence, ouvrant sur les questions de la restitution, de la responsabilité et des temporalités longues du territoire.
Courtesy de l’artiste
Avec le soutien de Creative New Zealand et de l’Office for Contemporary Art Aotearoa | Avec le concours de la Mairie d’Ambérieu-en-Bugey et de l’ONF – Agence Ain /Loire /Rhône
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