Née en 1977 à Busan, Corée du Sud
A grandi aux Pays-Bas, vit et travaille à Berlin, Allemagne

L’adoption internationale a longtemps entremêlé idéaux humanitaires et intérêts économiques. Sara Sejin Chang examine la manière dont les récits coloniaux et la production d’images continuent de façonner l’industrie de l’adoption transraciale et transnationale. Parmi les nombreux pays dont des enfants ont été adoptés dans les pays du Nord global, la Corée du Sud représente à elle seule au moins 200 000 adoptions depuis la fin de la guerre de Corée en 1953. Dans Four Months, Four Million Light Years (« Quatre mois, quatre millions d’annéeslumière »), Chang réunit films, textiles, bannières, aquarelles, chants chamaniques et poèmes autour de la gravure coloniale de Nicolaes Witsen, Shaman or Devil’s Priest from the Tungus Land (« Chaman ou prêtre du diable du pays des Toungouses », 1692), probablement la plus ancienne représentation occidentale connue d’un chaman. Ensemble, ces éléments relient l’industrie contemporaine de l’adoption aux débuts du capitalisme néerlandais et à des modes de représentation de l’Asie hérités de la période coloniale. L’artiste se réapproprie également les traditions chamaniques que les missionnaires chrétiens ont cherché à réprimer, rendant hommage à celles et ceux qui ont été séparé·es de leur famille, de leur langue, de leur culture et de leurs ancêtres.

Sara Sejin Chang (Sara van der Heide) développe des œuvres immersives à travers le film, l’installation sonore, le texte et la peinture, nourries par la recherche historique et l’invocation spirituelle. Sa pratique examine les récits coloniaux et remet en question les systèmes eurocentriques de catégorisation et de racialisation au sein des sociétés occidentales contemporaines. Par des gestes à la fois poétiques et intimes, elle propose des formes de réparation, de guérison et d’appartenance, tout en reconfigurant les structures par lesquelles se construisent les notions de valeur et de temporalité.

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